Rodolphe BURGER vs Erik MARCHAND

 

Interview pour Ouest-France

C'est peut être la rencontre la plus étrange du festival Mic Mac 2004. A coup sûr, deux univers qui s'ignoraient.
«Soyons honnêtes, reconnaît Erik MARCHAND joint au téléphone à Sainte Marie aux Mines où il répète depuis une semaine dans l'antre vosgien du musicien alsacien. Avant Panoramas à Morlaix, j'ignorais l'existence de Rodolphe BURGER.»

Le festival de musiques actuelles de Morlaix les avait réunis pour un morceau. «Cette rencontre improvisée a déclenché quelque chose. Ils se sont vus, ont travaillé ensemble en Bretagne, à Strasbourg et dans les Vosges», explique Anne MILLOUR, du Quartz, qui a proposé aux deux artistes de travailler ensemble pour la création proposée cette semaine à Brest, Erik MARCHAND, dont c'est le deuxième séjour dans les Vosges pour cette création, avait déjà joué avec des musiciens jazz, une musique dont il aime «l'énergie».
Il est arrivé à Sainte Marie aux Mines avec des thèmes et des compositions. Avec Marco DE OLIVEIRA à la basse, Hervé LOOS à la batterie et Medhi HADDAB à l'oud électrique, Erik et Rodolphe (plutôt guitariste que chanteur dans cette aventure), répètent ces musiques venues du répertoire traditionnel breton ou d'ailleurs ainsi que les chansons de Kat Onoma qui seront intégrées dans le spectacle, sorties des CD de l'Ile de Batz ou du disque de Jeanne Balibar.

«Ce qui me frappe, explique Rodophe BURGER de son studio vosgien, c'est que j'oublie complètement, en travaillant avec Erik, qu'il s'agit de musiques traditionnelles. On se rencontre et c'est ça qui est formidable. Pourtant, ça tenait du pari. » Rien de laborieux pour autant à cette création commune : les deux artistes ont trouvé «le territoire commun» où s'exprimer. «Nos univers se sont interpénétrés et quelque chose a jailli», ajoute Rodophe BURGER. Un CD pour en garder témoignage ? «Ce serait une bonne idée!»


BURGER, MARCHAND : «Un endroit qui n'existe pas encore»

Interview du Mag / Le Télégramme
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Rodolphe BURGER, guitariste et chanteur, vient du rock blues atmosphérique; Erik MARCHAND représente le chant traditionnel breton qu'il aime à immerger dans des climats balkaniques (cf : son nouvel album « Pruna »). Un profond respect mutuel unit ces deux grands artistes. Ils ont déjà travaillé ensemble, Le concert de vendredi marquera une nouvelle grande étape dans leur invention d'un langage commun. Mais que nous réservent ils ? Questions aux deux musiciens.

LE MAG. Votre concert s'inscrit-il dans la continuité de vos collaborations précédentes, au festival Panoramas de Morlaix et aux Vieilles Charrues de Carhaix ?
ERIK MARCHAND. C'est effectivement la suite de ce qu'on a commencé, mais beaucoup plus approfondie. Pour préparer le concert de Brest, nous avons effectué une semaine de travail intensif dans la ferme studio de Rodolphe, dans les Vosges.

LM. Les chansons de ce concert sont elles issues de votre répertoire breton ?
EM. L'immense majorité des chansons sont des compositions issues en grande partie de mes intérêts musicaux, balkaniques, bretons ou autres. Pour le concert, elles sont mises en place avec la structure basse-batterie indispensable au rock, au blues. C'est une expérience nouvelle pour moi. Elle m'intéresse dans le cadre des rencontres musicales que j'aime bien faire. Avec nous, il y a aussi Medhi HADDAB qui joue du oud. C'est mon complice modal ! Mais comme son oud est électrique, avec un côté rock, il est aussi un bon trait d'union entre Rodolphe et moi.
Le résultat doit être à mi-chemin entre l'univers de Rodolphe et le mien. Donc dans un endroit qui n'existe pas encore.

LM. Rodolphe BURGER, quelle est votre approche de ce concert ?
RODOLPHE BURGER. C'est une sorte de défi. La rencontre qui s'opérera vendredi n'est pas vraiment prévisible, mais en même temps ça ne vient pas de nulle part. Aux concerts où j'ai précédemment invité Erik MARCHAND, j'ai été surpris de la rapidité avec laquelle nous avons trouvé un terrain d'entente.
L'idée du mélange pour le mélange ne m'intéresse pas. Mais notre travail dans les Vosges a confirmé que tout cela faisait sens. Quant au concert lui même, il faut en très peu de temps monter un programme original ensemble.
C'est un peu une aventure mais c'est aussi ce qui en fait l'intérêt.


Les Transmusicales de Rennes s'achèvent sur trois soirées contrastées

LE MONDE du 06.12.04

Le festival a su maintenir son exigence artistique, mais l'éloignement en périphérie de la ville a pesé sur l'ambiance de la manifestation, qui a peiné à trouver son rythme.

Rennes de notre envoyée spéciale

Jeudi 2 décembre, le doute

5 000 personnes assistent à la soirée quand le site peut en accueillir le double. Sur la grande scène du Hall 9, une tête d'affiche de rattrapage, Mick Jones, ancien guitariste de Clash et nouveau producteur des Libertines, joue un blues rock sans grâce. Il aurait été mieux pour tout le monde que son concert ait lieu dans un pub. Il faudra toute la verve de Dizzee Rascal, malgré son DJ paresseux, et toute la confiance d'un Erik Marchand, entouré de Rodolphe Burger (Kat Onoma) à la guitare et Mehdi Haddad à l'oud, pour donner des couleurs à la soirée. L'un comme l'autre - Rascal avec son "grime" brut de réalité et Marchand avec le chant breton métissé - imaginent d'impressionnantes chorégraphies de mots sur des musiques fortes.

L'un comme l'autre partagent avec le public une œuvre qui leur correspond intimement quand tant de groupes, ce soir-là (The Infadels, Hush Puppies), se contentent d'une pose bien fichue, mais vide de sens. Comment fédérer un public, enfin, dans un Parc-expo, autour d'artistes aussi peu connus et parfois si singuliers ?

 
 
 
 
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