Erik Marchand & les Balkaniks

Sommaire

L'orchestre «Les Balkaniks»
Présentation de l'album «Pruna»
Articles de Presse

Erik MARCHAND & les BALKANIKS - Pruna  

L'orchestre "Les Balkaniks"

   
 

Les Balkaniks sont :

Bretagne :

• Erik MARCHAND : chant, clarinette et arrangements

Jacky MOLARD : violon, contrebasse, guitare et arrangements

Gabriel "Gaby" KERDONCUFF : trompette, bombarde et bugle

Bănăt (Roumanie), le Taraf de CARANSEBEŞ :

Constantin "Costica" OLAN : taragot, saxophone soprano

• Constantin "Costel" PAU : trompette

• Daniel "Dany" IOVA : saxophone

• Nicolae "Nicu" DOBRE (nicou) : accordéon «à touches piano»

• Nani NOVACOVICI : basse à vent, guitare basse

Moldavie :

• Alexei "Alex" CIOBANU (tchiobanou) : cymbalum

Serbie :

Viorel TAJKUNA (taycouna) : accordéon «à touches piano»

Turquie :

• Hasan YARIM-DÜNIA : clarinette

• Tamer GIRNATACI (girnatatchi) : percussions

Sonorisation :

Marc GIRONCE, 02 97 76 22 80 ou 06 07 63 60 79

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Présentation de l'album "Pruna"

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Erik MARCHAND & les «BALKANIKS» : l'album «Pruna»

A Bucarest aujourd’hui les manele font fureur presque jusqu’à la saturation : musique de variété créée par des musiciens et chanteurs tziganes souvent originaires du Bănăt roumain, ce nouveau style marie la modernité orientalo-occidentale de la musique populaire serbe au vieux fond du style lautaresc de Bucarest et de ses banlieues ainsi qu’aux « arabesques » samplées et aux percussions balkaniques importées de la voisine cité d’Istanbul. Air du temps ou ouverture normales des frontières en cet avènement européen du troisième millénaire, la musique que présente Erik MARCHAND dans cet album utilise les mêmes origines géographiques ; mais ici, pas de samples ni de boîte à rythme ou d’effets de studio, « uniquement » le jeu humain, virtuose, de douze musiciens considérés comme parmi les meilleurs dans leur culture respective. Musique moderne, inscrite dans son époque et revendiquant ses origines ethniques et historiques multiples, elle est le fruit de la rencontre, du respect mutuel et de l’amitié entre des artistes populaires. Grâce à cela, elle parait traditionnelle, née dans un pays à venir ; un pays qui prendrait en compte l’intelligence des cultures populaires à créer tout en conservant le son et la force de leurs origines.

In modern-day Bucharest a type of light music known as manele is gaining a hold to the point of saturating the scene. This new genre created by gypsy musicians and singers who come from the Bănăt region in Romania grafts the East-West modernity of popular music from Serbia onto a base of the old lautaresc style from Bucharest and the city suburbs. It can also include sampled modern turkish elements. and Balkan percussions imported from neighbouring Istanbul. Whether avant-garde, or the result of a natural opening up of borders with the coming of the new Europe of the third millennium,Erik MARCHAND’s music on this album uses the same geographical background; but gives a different result – no samples, no rhythm machine, no studio effects, nothing but highly talented human beings playing music – twelve musicians considered among the best in their respective cultures. Here is music of the moment, utterly up-to-date and in harmony with its day and age, clearly asserting its diverse ethnic and historical origins, the result of various talents meeting up in a climate of mutual respect and friendship, where popular artists recognise each other. Their music seems to be traditional though in fact it belongs to a country not born yet, where popular culture would have its rightful place, and be able to express the spirit of its community in new, creative terms, while keeping the sounds and force of its origins.

Le contenu musical :


1 AR FOLL ( Le Fou)
Texte : Christian DURO ; musique Erik MARCHAND et traditionnelle ; arrangement Jacky MOLARD)

Le premier thème, à l’origine, a été composé pour une rencontre avec Hasan. Comme nous le travaillions à Caransebes avec le Taraf, Costel se souvint d’un second thème, macédonien, entendu il y a longtemps. La complémentarité nous a séduit : les voilà.

La chanson :
C’est l’univers du « Fou d’Elsa » de Louis Aragon qui a inspirer ce texte et cette mélodie :un orient de poésie dans l’attente d’un futur rêvé. « Ils l’ont fait taire. Ils parlent fort et tous ensemble. A chacun son système, à chacun sa beauté. Ils portent tous un enfant mort d’avoir chanté qui leur semble bouger parce qu’eux même tremblent »


2 KASTEL AR MIGNONED (Le Château des Amants) et HUNVREOÙ FRAILHET
(les rêves brisés)
(hora et sîrbe)
Texte : Christian DURO ; musique traditionnelle et Costica OLAN ; arrangements groupe

On parle souvent trop rapidement en Europe de l’ouest de « musique tzigane ». Souvent jouées pour n’importe quel public par des musiciens majoritairement roms, les danses ou les chansons sont d’origines paysannes (roumaine, serbe,… selon les pays et les régions). Pourtant il existe des thèmes musicaux particulièrement appréciés par les danseurs et mélomanes des communautés tsiganes. Oh, bien sûr, on pourra les jouer pour les roumains «de souche» comme on dit, mais là où ils iront droit au cœur du public, ce sera dans les fêtes roms. C’est le cas de la première hora de cette suite qui est connue par les tziganes comme « Hora Trio » et de la sîrba chantée qui la suit. La deuxième, instrumentale, jouée par Costel et Gaby est oltenienne ; la suivante, moldave, vient du répertoire de Ion Dragoi, l’un des inspirateur de Jacky ; celle menée par Dany au saxophone est une des rares (mais belle) sîrba Bănătaise ; la suivante, au taragot, est une composition de Costica et enfin la dernière est une vlaska iute (brûlante ou rapide) du pays Vlah (zone roumanophone de Serbie aux confins de la Bulgarie).

Les chansons :
KASTEL AR MIGNONED
Je t’apprendrai… tu me diras…et je suivrai ton ombre à la lueur de tes mots. Nous écrirons la Gwerz de l’amour. Sept lieues au delà des oiseaux, le toit sera de pleine lune et les lits de mousse.. Nous le baptiserons « Château des amants ».
HUNVREOÙ FRAILHET
Ici bas le pauvre est la vitrine du riche ; nul n’est si opulent que chez les affamés; plus le mensonge est grand, plus il faut clamer « vérité » ; le traître est porteur du bien.

3 REUZIOÙ AR BREZEL
(Gwerz vannetaise, joc « comme en Transylvanie » et Brâu)
Texte : Christian DURO ; musique traditionnelle, Erik MARCHAND et traditionnelle

Cette gwerz du sud de la Bretagne ignorait la mesure et l’harmonie ; c’est sa cousine serbe la sevdalinka qui la lui a fait découvrir, ainsi que l’improvisation.
Un ton, un thème de gavotte de Poullaouen (Finistère), épouse un rythme de la région de Sibiu avec peut être de vagues origines hongroises. Le brâu, Bănătais, est joué comme à la noce.

La chanson :
On loue toujours les soldats. Mais serais-je indigne d’avoir raté le combat en 40 pour cause de « juvénilité » ? Que ne reconnaît-on le réconfort et le soutien que j’apportais aux veuves éplorées, aux mères désemparées, aux filles esseulées ? J’ai même appris la clarinette pour les faire danser! Tout cela pour… Patriotisme

4 AR BLOAZ DAOU VIL
(Gwerz, taksim, dañs plin et kolo serbe)
Texte : Christian DURO ; musique : Erik MARCHAND et traditionnellle

Une gwerz composée pour un concert avec Hasan qui s’offre un taksim à la manière de Gelibolu et glisse vers une dañs plin du Pays Fañch en Centre-Bretagne pour mettre en avant ses affinités avec le Kolo serbe… Haydeeeee !

La chanson :
Merci au crucifié du premier jalon vers l’an 2000. Un siècle d’histoire suffit pour une chanson. Jaurès, les guerres, les sauveurs… Quel que soit le cheval, à hue ou à dia, la charrette reste dans l’ornière.

5 ADDA KALEH
(Hora du Bănăt « à la turque »)
Musique traditionnelle, arrangement Erik MARCHAND

Le Bănăt est la région d’Europe qui compte le plus grand nombre de minorités. Serbes, hongrois, allemands mais aussi bulgares catholiques, ukrainiens et hutsuls de Transcarpathie -possibles croates - sont venus habiter des villages ruraux au hasard des transplantations de populations voulus ou suscités par les différents empires. A la limite de l’Olténie et de la Serbie, sur l’île d’Adda Kaleh dans le courant du Danube, vivait une communauté de calfats turcs. La mise en eau du barrage des « Portes de Fer », dans les années 70, a noyé le village et, après plusieurs siècles en Bănăt, la majorité des membres de la communauté a rejoint la Turquie. Il nous a plu ici d’imaginer la hora jouée à la mode d’Adda Kaleh.
Instrumental

6 PRUNA (la prune)
(Geamparele, Kolo, Makedünia)
Texte : Erik MARCHAND, musique traditionnelle et Hasan YARIM-DÜNIA pour le thème « Makedünya », arrangement Jacky MOLARD

Les rythmes à sept temps sont assez courants dans les musiques balkaniques mais leur caractère est cependant différent d’une région à l’autre. Le premier, une geamparele de Dobroja, appartient au répertoire de la chanteuse roumaine Irina Loghin ; le suivant est une adaptation faite par Viorel d’un thème du sud de la Serbie, le troisième est une composition d’Hasan Yarimdünya avec une référence certaine à la Macédoine : Makedonia – Makedünya, de dünya, le monde en langue turque : Yarim Dûnya, la moitié du monde.

La chanson : On s’est plu depuis longtemps à comparer les pays méditerranéens et balkaniques à l’olive puis à l’aubergine. Aujourd’hui, je préfère mettre la prune en avant : de la Hongrie à la Bulgarie, c’est d’elle dont on tire les meilleurs alcools. En Turquie cependant, c’est à l’alcool de vin anisé, le raki, que va la préférence des buveurs. Oui, mais en turc on appelle la prune erik !


7 TALVOUDEGEZ AR FEIZ (La Valeur de La Foi)
Texte : Christian DURO, musique : Carlos PARADES (Asas sobre o mundo – Nas asas da saudade), arrangement Erik MARCHAND

Ces deux thèmes sont des compositions de Carlos PARADES, un célèbre guitariste portugais (Asas sobre o mundo – Nas asas da saudade). Nous les jouons d’une manière certes bien différente de celle du fado : les mouvements sont d’abord ceux d’une doina roumaine glissant vers le trois temps d’origine, puis vers un « 5/8 » plus balkanique. La riturnera (sorte de refrain instrumental) et les improvisations de Jacky et Viorel sont construites sur un rythme proche de celui des csárdás hongroises ; la conclusion retrouve le style de la doina ou de la gwerz.

La chanson :
Ainsi, dit le vieux greffier au cabot, pour flatter mon maître qui enrobent sar cupidité de vœux céleste, je te hais. Désormais nos enfants vivront à jamais comme chien et chat. C’est là le prix de la foi.


8 et 9 GEVIER (Mensonges)
(8 doina et taksim, 9 Ton Grek et breaza)
Doina traditionnelle du Bănăt, improvisation modale thèmes de danses traditionnelles de Grèce et de Roumanie.

Les musiques de Roumanie, de Serbie et, plus nettement encore de Bulgarie, Macédoine, Grèce ou Albanie sont à la jonction des mondes occidental et oriental. La doina en Bănăt ne se conçoit que difficilement sans un soutien harmonique bien présent, même si c’est le soliste qui décide de la place des changements d’accords. Pourtant, lorsqu’elle est jouée « nue », son caractère modal ressort et rend cohérent son mariage avec un taksim (improvisation modale orientale) qui n’a que des rapports éloignés avec l’harmonie occidentale. Là encore, c’est en grande partie la personnalité des deux interprètes qui permet la fluidité d’un tel enchaînement.


Nous aimons définitivement écouter les radios de nos voisins : c’est en captant un poste grec que nous avons appris le premier thème de cette suite que nous concluons par une breaza de Dobroja, la plus orientale des régions de Roumanie ; une improvisation de clarinette turque dans un tel morceau serait-elle un mensonge musical?

La chanson :
« L’autre jour, en traversant un village, j’ai vu de belles choses : des moucherons qui battaient et des mouches qui vannaient, des porcs qui dansaient magnifiquement dans une écuelle, …, croyez moi, ce que je dis n’est pas mensonge ! ». (texte traditionnel)

 

Revue de presse

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Sélection CD : La tribu bariolée du Breton Erik MARCHAND

Le Monde mardi 20/04/04

MUSIQUES DU MONDE
Les uns se nouent l'esprit avec des questions sur l'authenticité, les violences faites aux traditions par le monde moderne et sa frénésie de communication, de brassages tous azimuts. Les autres avancent, n'ont pas peur d'amener leur musique, leurs chants chez les voisins, de leur ouvrir d'autres chemins. « il y a plus de points communs dans les musiques populaires que de points d'opposition », déclare Erik MARCHAND.

Le clarinettiste et chanteur breton a depuis longtemps choisi son camp. Dans son nouvel album, Pruna, il marie la Bretagne aux Balkans. il offre des territoires nouveaux au chant breton, lui trouve des pistes inédites, agit comme un révélateur d'affinités. Une autre manière de militer pour la celtitude ? J'appartiens certes à l'ethnie celtique, remarque Erik MARCHAND, mais je ne suis militant d'aucune identité, quelle qu'elle soit. Je suis simplement convaincu que le fait d'avoir une culture prégnante, qui te crée des envies, est évidemment un passage, un média vers celle des autres. » Et de poursuivre: « Si je devais avoir un quelconque militantisme, il ne serait pas celtique, ce serait un militantisme pour les cultures populaires, qui ont une force à partager entre elles et avec le public, qu'il soit de leur village ou qu'il soit des centaines de milliers de villages ailleurs. »

Arpenteur des chemins ouverts de la tradition, Erik MARCHAND inventait déjà en 1989 un singulier vocabulaire, en créant, avec Thierry ROBIN et Hameed Khan, un trio rapprochant chant breton, luth arabe et tabla indien. Singulier mais d'une parfaite évidence. Ses projets de tissages musicaux suivants (avec le Taraf roumain de Caransebes, puis une rencontre polyphonique entre des voix d'Albanie et de Sardaigne, une griotte du Mali et une chanteuse de Galice Kan, BMG) donneront cette même impression de par faite correspondance, de développements naturels que l'on retrouve encore aujourd'hui dans Pruna.

Autour du chanteur, au timbre toujours parfait, se réunit cette fois ci une très, grande famille, fédérant Bretons (Jacky MOLARD aux violon, contrebasse, guitare; Gabriel KERDONCUFF aux trompette, bombarde et bugle), Roumains (le Taraf de Caransebes), Moldave (Alexei « Alex » Ciobanu au cymbalum), Serbe (Viorel TAJKUNA à l'accordéon), Turcs (Hasan YARIM-DÜNIA à la clarinette et Taner Girnataci aux percussions), plus deux invités, la contrebassiste Hélène Labarrière et un joueur de basse à vent roumaine, Nani Novak. Une tribu virtuose, capable de jouer à des vitesses époustouflantes, de lever des vents de fête puissants, tout en dressant des ponts, inventant des points de rencontre, des mariages entre la gwerz, le chant profond breton, une gavotte de Poullaouen (Finistère) et un taksim (improvisation modale orientale) ou une danse roumaine.

Un mélange à l'identité bariolée, rapprochant le chant breton des manele, la variété balkanique en vogue dans les boîtes à Bucarest, de la musique serbe (très orientale dans son esthétique) revue et corrigée par les musiciens et chanteurs tsiganes du Bănăt (ouest de la Roumanie, proche de la Serbie), venus faire carrière dans la capitale roumaine. Erik MARCHAND chante des textes écrits, pour la plupart, à sa demande, par Christian DURO, fils de chanteurs et sonneurs bretons. Il s'est réservé celui de la chanson titre, Pruna (la prune), une évocation du fruit dont on tire les meilleurs alcools qui participent à l'échauffement des corps et des esprits au cours des fêtes dans les Balkans.

Patrick Labesse


3 raisons d'écouter Erik MARCHAND

L'expressmag lundi 19/04/04

1- Virtuose du kan ha diskan (chant à répondre), il compte parmi les plus belles voix de Bretagne.

2- Voilà vingt ans que cet amoureux du grand large humecte sa gwerz d'embruns venus de l'Est, mariant bombarde et darbouka, clarinette et cymbalum. Depuis 1993, il offre à ses improvisations modales l'écrin cuivré et convivial du Taraf roumain de Caransebes.

3- Il retrouve ses fidèles compères Jacky MOLARD et Gabriel KERDONCUFF sur Pruna, enregistré avec les Balkaniks,association de musiciens moldaves, serbes et turcs.

A. Bd


Pruna (Le Chant du monde/Harmonia Mundi). Voix vigoureuse de Bretagne attirée par les vents du large, Erik MARCHAND associe son kan ha diskan, le chant à répons breton, aux rythmes du Rajasthan, de l'ex Yougoslavie ou de la Roumanie. Sur ce nouveau disque, il a réuni ses complices de Bretagne Jacky MOLARD (violon), Gabriel KERDONCUFF (bombarde, bugle) , les Roumains du Taraf de Caransebes et des musiciens de Moldavie, Serbie ou Turquie. Cette association, baptisée les Balkaniks, produit une musique foisonnante et d'une convivialité rare quand un musicien s'empare d'un rythme d'une autre culture pour en improviser une version inédite. Cette ronde vertigineuse d'accordéon, saxophone, clarinette, contrebasse, et autres instruments d'Europe orientale, taragot (instrument à anche), cymbalum, derbuka, est tempéré par la plainte d'Erik MARCHAND interprétant ce tragique blues qu'est la gwerz bretonne. Le chanteur de Centre Bretagne n'est pas un touriste musical, cette posture trop fréquente dans d'innombrables fussions musicales.

BOUZIANE DAOUDI


Le Monde de la Musique avril 2004

Etonnant trajet que celui du chanteur Erik MARCHAND. Après avoir collecté au plus près du terrain centre breton, on le vit s'égarer vers l'Est. De l'un de ses nombreux voyages en Roumanie, il revint entouré du taraf (orchestre populaire roumain) qu'il avait constitué dans la petite ville de Caransebes, dans la plaine du Bănăt, au pied des Carpathes. Y ajoutant un cymbaliste moldave (Alex Ciobanu), assisté du trompettiste et sonneur de bombarde Gaby KERDONCUFF et du violoniste Jacky MOLARD, il s'attirait les faveurs des plus farouches résistants à la mode du métissage obligé. Depuis, il a rayonné à partir du Bănăt, vers l'ouest Serbe et vers l'Orient turc.

C'est désormais un véritable orchestre transbalkanique qui l'entoure. Le staccato vif argent et la découpe harmonique précise de Caransebes (le taragot de Costica OLAN, la trompette de Costel Pau, le sax de Dany IOVA, l'accordéon de Florica Sandu, la contrebasse de Nicu Dobre) se combinent désormais à la virtuosité savamment affolée de l'accordéoniste serbe Viorel TAJKUNA, à l'affOLANte modalité mélismatique du clarinettiste Hasan YARIM-DÜNIA (Thrace).
Comment ce répertoire, pour partie cosigné par le clarinettiste Christian DURO de Glomel (Centre Bretagne) et chanté en bas breton, parvient il à s'articuler avec l'improbable sans sombrer dans le grotesque ? C'est là le secret d'Erik MARCHAND, qui parvient une fois de plus à nous surprendre et à repousser les limites qu'on lui croyait avoir déjà atteintes.

FRANCK BERGEROT


Erik MARCHAND offre un récital épicé

Le concert sera diffusé très prochainement sur France 3

Le chanteur et clarinettiste Erik MARCHAND présentait sa dernière création « Les Balkaniks», dimanche après midi à l'espace Glenmor. Entouré d'une dizaine de musiciens, le chanteur a pré~enté un répertoire vivant et epicé. De quoi ravir le publie venu très nombreux...
C'est devant une salle comble (soit près de 600 personnes) qu'Erik MARCHAND a présenté, dimanche, «Les Balkaniks», sur la scène de l'Espace Glenmor. Date exclusive qui a permis au collectif, crée pour l'occasion, de se produire sur scène à quelques semaines âe la sonie de leur album «Pruna» (prévue début mars). Cuivres, bois, percussions, accordéon et violon, le chant d'Erik MARCHAND a trouvé pour dans cette création de très jolis alliés. Les musiciens, venus d'Europe de l'es, de Bretagne ou d'ailleurs, ont présenté un répertoire mêlant les traditions musicales d'une Europe joyeuse, vivante et émouvante. "Même si les parentés semblent lointaines, géographiquement, les musiques semblent dire le contraire", a expliqué le chanteur. Et cet ensemble cohérent et harmonieux a, en effet, prouvé que ces musiques traditionnelles semblaient faites pour se rencontrer. Les performances des musiciens, comme celle du remarquable accordéoniste Viorel TâJikuna, alliant l'improvisation et la maîtrise des traditionnels, ont conduit les spectateurs vers un voyage rythmé et joyeux. En guide averti, Erik MARCHAND a agrémenté le concert d'éclairages sur ces cultures de l'est qu'il connaît si bien. Nés de rencontres de longue date ou de coups ce foudre musicaux, le collectif Erik MARCHAND et les Balkaniques a réussi a présenté d'une seule voix une Europe aux mille accents, celle qui fait rêver. Le concert, filmé pour la télévision, devrait être diffusé très prochainement sur le réseau régional de France 3 en langue bretonne, puis sur le réseau national, en seconde partie de soirée. Une seconde chance pour tous de revivre ce spectacle.


Erik MARCHAND - Pruna, creuset balkanique

Bretagne magazine Aout, septembre, octobre 2004

Une paire de bacchantes comme on n'en fait plus, une posture un peu raide mais fière, et une voix, tout à la fois nasale et viscérale, d'une puissance et d'une stature rares.

Des places de village à l'auditorium de la très exigeante Cité de la musique à Paris, du Maghreb aux confins slaves de la vieille Europe, le chanteur clarinettiste Erik MARCHAND a imposé son style, son timbre, une curiosité et un culot à toute épreuve.

Cet homme est un aventurier, qui s'acoquine volontiers avec les plus fougueux et inventifs jazzmen européens, on pense à Jacques Pellen ou Paolo Fresu. On connaît également la saveur des fruits produits par sa rencontre avec un percussionniste indien ou le passionnant joueur d'oud Thierry ROBIN.
Tout récemment encore, sur la scène du Quartz de Brest, il fut l'un des protagonistes d'un miracle, lors d'une improbable et merveilleuse rencontre avec le rocker et bluesman Rodolphe Burger. Avec Pruna, album qui apparaît au prestigieux catalogue du Chant du Monde, il écrit un nouvel épisode de l'une de ses plus belles aventures, celle qui le lie depuis plusieurs années à la musique des Balkans.

En collaboration avec le taraf de Caransebes, il a mitonné une poignée d'albums d'une succulente macédoine, au détour de laquelle une gavotte de Poullaouen peut, par exemple, rencontrer une cousine serbe ou un rythme hongrois.

Dans ce creuset acoustique, vibrant, syncopé et fort en cuivres, se mélangent parfums roumains et moldaves, fragrances thraces et esprit du pays fanch en Centre Bretagne.

Le résultat est un bonheur très entraînant qui nous rapproche par exemple des folles musiques imaginées par Goran Bregovic pour Emir Kusturica, la dimension celtique en prime.

À noter, au sein de ce furieux big band baptisé Les Balkaniks, la présence de la contrebassiste Hélène Labarrière et du violoniste Jacky MOLARD.


World, mars avril mai 2004

Depuis une décennie, Erik MARCHAND collabore avec le Taraf de Caransebe (Roumanie), après avoir pérégriné autant d'années en Yougoslavie. Erik MARCHAND n'est pas un touriste musical. Il continue ici d'approfondir ses investigations, dans le sillage de ses deux disques précédents. A ses amis de Bretagne (Jacky MOLARD, Gabriel KERDONCUFF) et de Roumanie, il a joint des musiciens de Serbie, Moldavie et Turquie, pour former les Balkaniques. Outre l'abondant réservoir de traditions que constituent ces régions, l'enrichissement provient de la posture même des artistes mis en présence : leur rapport à l'improvisation et à l'écriture, leur aptitude à s'emparer des caractéristiques culturelles de « l'autre ». Etonnante, cette gwerz (complainte) bretonne qui épouse un taksim (improvisation modale orientale), tandis qu'un accordéon égrène un kolo serbe. La voie d'Erik MARCHAND se déploie pleinement, changeant de mode ou de tonalité sans faiblir. Ses complices, roms pour la plupart, combinent saxophone, taragot (instrument à anche d'Europe centrale), accordéon, trompette, clarinette, derbuka, contrebasse ou cymbalum, tandis que Jacky MOLARD tient le violon, Gabriel KERDONCUFF alternant entre bombarde et bugle. Coup de chapeau au clarinettiste originaire de Thrace, Hasan YARIM-DÜNIA (vu dans Latcho Drom, le film de Tony GATLIF). Dans Pruna, trois mondes s'étreignent, l'Occident, l'Europe de l'Est et l"Orient.

Fara C.


Etudes Tsiganes.com Avril 2004

Suite des aventures musicales du chanteur clarinettiste breton Erik MARCHAND avec les Roumains du taraf de Carancebes emmenés par Costica OLAN. Toujours assisté de ses complices bretons, Jacky KERDONCUFF, trompette, bombarde et bugle et Jacky MOLARD, violon, contrebasse, guitare et arrangements, Erik MARCHAND approfondit ses recherches dans le prolongement des deux disques précédents qui avaient déjà brillamment démontré que le mariage audacieux entre musiques traditionnelles bretonnes et roumaines n'était pas contre nature. L'alchimie fonctionne même à merveille entre les complaintes bretonnes et le tempo frénétique des balkans ; danse plin et kolo serbe ont des affinités, gwerz et gavotte se mélangent d'une manière presque évidente aux horas, sirbas et doïnas, les cuivres, accordéons et cymbalum des excellents musiciens du Taraf se mêlant avec dynamisme et vitalité aux violon et bombarde des bretons. Une musique vivante qui est le fruit de la rencontre, du respect mutuel et de l'amitié entre des artistes populaires. Grâce à cela, elle paraît traditionnelle née dans un pays à venir; un pays qui prendrait en compte l'intelligence des cultures populaires à créer tout en conservant le son et la force des origines " . Une belle réussite.

Francis Couvreux


Balkan brass meets the Breton bombarde

Songlines july-august 2004

This must be one of the most ambitious collaborations in the field of cross-border cooperation yet: a trio from Brittany combining with musicians from Romania, Serbia, Turkey and Moldova to play original and traditional tunes cheek by jowl, with lyrics in Breton, and quirky little arrangements. There's even an inventive reworking of a fado song in the mix.

The Easterners, on brass, cimbalom, accordion and various woodwind instruments, seem to make most of the running in fact it's pretty difficult to pick out the French and/or Breton contribution, though the Breton bombarde pops up occasionally and there are a couple of pleasant solos from Jacky MOLARD on violin. Erik MARCHAND himself sings away with a throaty vibrato, sounding for all the world like Mireille Mathieu after a night on the beer and fags. Though there's good playing from all, it's one of the accordionists who stands out, with some astonishing playing on 'Reuzioù ar Brezel'. Unfortunately, the rather rambling sleeve notes fail to make it clear who it is.

It's a rather dark textured record, occasionally bordering on mournful, which is by no means a disadvantage. Although a lot of the traditional material is pretty standard fare, it's the sort of stuff that becomes standard because it's good, and the tinge of Celtic and misty Atlantic melancholy is oddly refreshing, even bracing. It's eccentric, certainly, and again none the worse for that, throwing a rather oblique but attractive sidelight on an area of music that still isn't known quite as well as it deserves.

Kim BURTON


 
 
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